Lundi 16 mars 2015 à 22:23

Je suis tellement épuisée, roulée en boule comme un chiot dans le coin de mon lit, je regarde la lampe depuis une éternité sans réussir à lâcher prise. J'ai bien essayé d'appeler mille personnes, de tenter une diversion à mes paupières le temps d'un prétexte de conversation, de désamorcer les zombies de pensées, de reprendre le contrôle pour pouvoir tout éteindre. Pas un idiot ne décroche, je reste bloquée sur la lumière, je voudrais tellement dormir entre tes bras mais c'est le mirage de la fatigue. Je me retiens pendant une heure de t'envoyer un sms. Finalement je le laisse me filer entre les doigts, j'ai plus de principes, plus de force, à quoi bon. Je voudrais n'importe qui, n'importe quoi qui me dise Louise, va te démaquiller, je t'attends et je ferme la lumière, n'importe qui - n'importe quoi pour m'envelopper, me blottir, me caresser les cheveux quelques minutes. Je suis rendue à ce point précis de la fatigue où tout est tension, tendu, tendon. Que faire, sans toi, sans qui, sans quoi ?

Mardi 3 mars 2015 à 18:06

Je vais tomber amoureuse de toi, c'est sûr désormais, je le vois venir gros comme un immeuble; ou peut-être que je l'ai toujours été un peu, depuis le premier soir, depuis ce printemps où l'on se croisait sans cesse par hasard dans la rue. Peu importe, je vais tomber amoureuse et me relever, je ferai ce qu'il faut pour me raisonner, et j'aurai sans doute et parfois tout de même des envies de chouiner. Mais enfin, tu sais, je veux te dire ce que je ne te dirai pas, ça me fait un plaisir démesuré de savoir que l'on va se voir, (se regarder), ici, dans cette vie. Oh, peu et pas souvent, mais j'ai un joyeux sentiment de printemps, là, une furieuse sensation de lumière, je souris beaucoup le jour et je dors mal la nuit. J'ai hâte de connaitre le parfum de ton cou et de ta peau à cet endroit des embrassades, de le connaitre - de le savoir, comme celui des humains que souvent l'on étreint, ceux qui comptent, oui, sois sûr que je vais te prendre dans mes bras, c'est une chose que j'ai vraiment prévu de faire, te prendre dans mes bras, cela me semble un bon à-venir, de temps en temps il arrivera que je me fracasse contre un mur, mais sinon, je suis assez heureuse de l'idée de ce peu de chemin qui vient.

Vendredi 27 février 2015 à 22:18

J'ai une envie et une tendresse pour toi, il y a un peu de place ici où tu serais le bienvenu, où tu es même souhaité. Je ne sais pas sous quel prétexte te convoquer, juste pour avoir le temps de te dire ça, de te dire, Bordel garçon, j'ai un bon feeling avec toi, voudrais-tu s'il te plait t'inviter un peu dans ces jours ? J'essaie d'être patiente et de me faire une raison, je suis patiente, je me suis même fait trois ou quatre raisons, mais tout de même, je suis un peu papillon quand tu es dans les parages et un peu chantante quand tu es en approche. Je te pique de temps en temps, je te demande un peu plus que ce rien du tout, je ne sais jamais si ça tombe dans le vent ou par la trappe par laquelle toujours tu t'enfuis. Il semblerait que le vent te garde quelques-uns de mes échos, il semblerait que d'une fois dans l'autre tu n'aies pas oublié. Sous quel prétexte te convoquer, juste pour te dire ça, Bordel garçon, j'ai parfois juste envie de dormir entre tes bras, bordel garçon, j'ai parfois juste envie de me promener avec toi, j'aimerais qu'il y ait entre nous comme une confidence occasionnelle, comment te demander si tu veux bien; ou si tu ne veux pas, si on se volera toujours un baiser deux fois l'an, comme ça, l'air de rien, en regardant ailleurs. J'ai bien aimé avoir un peu de ton épiderme sous mes paumes, mes bras dans ton tee-shirt, après tes épaules, les yeux vrillés dans les tiens, je ne te propose pas de l'amoureux, je ne te propose pas de l'amant, je ne te propose même pas de l'ami, mais est-ce qu'un bricolage d'humain privilégié, est-ce que cela pourrait t'aller ? J'ai comme une confiance en toi, tu vois. Peut-être que je me berce d'histoires, mais non, je crois que la liste des impossibles est assez claire; il reste pourtant une lucarne où l'on devrait pouvoir s'amuser d'un lien, non ? Allez, garçon, je te jure, je ne crois pas être dangereuse.

Lundi 26 janvier 2015 à 21:06

Ne me dis pas "Embrasse-moi" quand tu me quittes, ne me dis pas "Sois tendre" quand le fil du téléphone en nos ventres est noué. Ne me donne pas d'impératifs de douceur dans la douleur. C'est beau de pouvoir lancer une fleur quand la lumière s'éteint, je ne sais pas le faire. J'ai appris la tendresse, elle vient doucement, certes toujours trop peu, mais elle vient aux heures où les aiguilles se font velours. Je ne sais pas être caresse quand le pas du temps me tape les tympans, lorsque les secondes me tombent dru sur la tête. Ne me dis pas "Embrasse-moi" quand tu me quittes comme une porte qui claque, idiot ! Si tu veux un baiser, serre-moi et étouffe un instant le bruit de la montre que j'ai avalée.

Lundi 12 janvier 2015 à 18:54

C'était la première fois que j'étais amoureuse depuis toi. Ça a duré le temps d'un battement de cerf-volant.

Lundi 12 janvier 2015 à 18:52

Ce n'est pas vrai, je n'ai pas décidé, j'en ai eu la sensation. Là, transpercée, la sensation. Rien de plus. Aussi cruel que cela puisse paraître. Je n'ai pas décidé.

Lundi 12 janvier 2015 à 18:48

Doit-on s'empêcher l'écriture, si on pense qu'elle a le pouvoir de vérité ? Si on imagine qu'au pinceau dans nos pensées, elle fait office de révélateur d'ombres, de lumière ?
Si j'écris le non-amour de toi, est-ce te condamner ?

Je viens à toi avec déjà du recul dans mes pas.
Je te fais la promesse de ne pas chercher à saboter quoique ce soit.
J'espère ne pas abîmer cette fois-ci la rencontre de l'autre fois. Laissons faire.

Dimanche 4 janvier 2015 à 12:21

Quand tu as pris l'escalier pour descendre au métro et que j'ai pris le trottoir pour descendre la rue avec mon sac à dos,
 
mon corps a pris une grande inspiration.

Toutes mes alvéoles se sont déployées, ont sorti leurs antennes, ont happé l'oxygène. Légère ivresse.

Depuis cet instant là, tu appartiens à une autre réalité, que je ne peux désigner. Je n'ai pas reçu la cartographie de mon cerveau, et j'ignore, de fait, où tu y es rangé. Mais j'ai eu la sensation d'un coup d'essuie-glaces qui te pousserai vers l'ourlet de mes paupières, d'où je ne saurai t'apercevoir.

C'est étrange quand on sait toutes les petites minutes passées suspendues à ton épiderme. Et pourtant, sans cruauté aucune, je me félicite de cette liberté et de cette solitude. Je suis bien soulagée de ne pas déambuler avec l'idée précise et permanente de toi dans les pensées. Je refuse avec sérieux de m'amouracher en distance.

Mais je sais que cet oubli de toi n'est en aucun cas définitif, et je redoute que tu ne viennes doucement, t'installer dans mon horizon. Je ne veux pas vivre avec un noeud au coeur.

Je suis curieuse de savoir s'il est possible de dérouler ce fil là, et qu'il ne s'emmêle pas; pas trop vite.

Samedi 3 janvier 2015 à 12:29

Je suis assise là et je pense. Enfin, je pense... Je pense comme quelqu'un assis dans un train à 04h00 du matin. Je pense sans y penser.

Je regarde les lignes de neige passer : oranges à la lumière des veilleuses des cités, grises dans la lune.

Je baille et me demande d'où t'est venue cette incroyable patience avec moi. C'est le détail qui dénote des habitudes,

Sur les zones industrielles les lampadaires inondent clarté, crue. La neige, blanche.

Vendredi 26 décembre 2014 à 17:04

J'ai le ventre noué, je me sens fatiguée et j'ai désormais un tourniquet de panique au niveau de l'aorte. C'est en partie l'idée de te voir qui ne me tranquillise pas plus que ça. Les prochains jours vont être un peu compliqués, je me sens déjà des envies de pleurer. Il faudrait presque que je me morde la main pour me réveiller. J'ai dis à une amie que je passais manger des gâteaux et je suis tétanisée ici, à ne pas vouloir aller jouer le jeu de la civilisation. Il faut que je prépare mon sac, que je dorme la nuit, que je range l'appartement. Mais surtout, que j'aille danser. Je n'aime pas du tout composer avec mon œsophage quand il se transforme en passoire, je regrette profondément que Stephan soit déjà parti aux aventures, un trajet de bus avec lui m'aurait ressourcée. J'ai envie de l'épaule de Stephan sur un banc de la gare centrale, de ses bras dans la nuit à l'odeur d'une pizza.

Plus tard, cela faisait dix minutes déjà que je rentrais et sortais de l'immeuble sans savoir si je voulais prendre mon vélo dégonflé ou le bus sans porte-monnaie. Finalement tétanisée de froid sur mon vélo, je me suis hyper ventilée à l'oxygène, concentrée comme une furie sur un rythme de respirations régulières, pour ne laisser aucune chance au nœud de larmes de m'étouffer, à la crise de panique de me déborder. Je n'aime pas les départs quand je suis dans cet état là. Merde, quoi.

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