Lundi 10 novembre 2014 à 20:36

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Samedi 8 novembre 2014 à 0:47

Je pense à toi parce que je ne pensais pas que des baisers dans le cou, que ta langue à ma commissure de lèvres, puissent me vriller le corps comme ça. Donc, je pense à toi. Oui. Mais, je ferme ma gueule, je la ferme parce que depuis l'autre, j'ai fais le pacte à moi-même, de ne plus m'intéresser à vos âges, mais surtout, de ne plus vous effrayer. Connais-tu la frustration de voir les yeux d'un homme se voiler, mentir, disparaître ? Sans un mot véritable, sans un adieu tangible. Seule reste l'idée persistante : bordel-je-lui-ai-fais-peur. Alors je ne dis plus rien. Je ne t'inviterai pas ici avant d'en trépigner de chouine insupportable. Je ne t'inviterai pas toutes les fois où je pense à toi sans que mon pronostic vital soit engagé. Oh, tu sais, ce n'est pas comme ça que je pense, à l'habitude. Je suis de l'école de la spontanéité. Je suis pour que l'on se dise ce que l'on veut, ce que l'on pense, quand on le veut, quand on le pense. Mais tout le monde est tellement de biais, les vois-tu ? L'autre qui a disparu du jour au lendemain m'a vraiment irritée. Il a rasé les murs de façon tellement minable, et moi, idiote, j'avais tellement envie d'avaler l'odeur de sa peau. Le fantôme de cette envie là me parcourt toujours l’œsophage en fredonnant des airs amers. Connasse de fantôme. Pardon, je ne voulais pas être vulgaire, je voulais juste écrire ta présence à mon corps, mais je ne sais pas faire, ça, non, et puis ça me pète les cacahuètes de ne pas te le dire à toi mais de le cracher ici, comme ça m'use de m'empêcher de lui envoyer un sms, ça m'uuuuuuuuuuuuse, ohlala.

Pardon, voilà, malin, ça, j'ai envie de crier, maintenant,
pas envie de dormir, envie de crier, voilà, ça, pardon, maintenant, topi-top.

Fais pas le con, s'il te plait, et reviens un peu. Oh, juste un peu, t'inquiète, un peu.
Je me contrôle à mort, j'apprends chaque seconde à me contrôler, s'il te plait, reviens.

Je ne dis rien, écoute, je n'ai rien dit du tout, tu peux marcher dans mon silence, dormir dans mon silence, prendre l’ascenseur dans mon silence, je ne dis rien. Enjoy l’ascenseur, c'est cadeau j'te dis.


Dimanche 2 novembre 2014 à 23:08

Même si aller au travail un dimanche, c'est bien triste, ce fut aujourd'hui une pas si mauvaise idée : mon corps a complètement oublié le passage de toi. La dernière fois, j'avais moultes choses à faire à l'appartement et mon corps a trépigné toute la journée de mes ondulations à tes râles, à tel point que la nuit à nouveau tombant, j'eu pu allumer un cierge pour te faire revenir. J'ai du me retenir de déchirer ce qu'il me reste de tapisserie. Ce soir, tu vois, j'm'en fous. Seule ma tête se souvient de ton âge. J'avais pourtant dit que j'ne demanderai plus l'âge de ces messieurs, mais puisque tu as balancé ton fils entre le couloir et l'escabeau, j'ai rompu mon pacte de discrétion à moi-même. Du coup, ça y est. J'ai toujours chouiné que j'trouvais les jeunes papas trop sexys et que je voulais le mode d'emploi des divorcés de Spielplatz. Te voilà, ah mais, j'le savais même pas, et j't'ai pas ramassé dans un bac à sable. J'crois que tu comptes pas comme un jeune papa. T'as une petite griffure sur les fesses et tu m'assures que tu te l'as faite tout seul, moi j'te rigole.

Vendredi 31 octobre 2014 à 10:17

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Lundi 20 octobre 2014 à 19:44

Parfois je voudrais pouvoir nommer crûment

la façon qu'a la frustration de me déchirer

quand je vous croise dans la rue, dans le métro

quand vos absences sont plus à noter que vos présences

quand rien n'est expliqué et tout n'est qu'imagination

parfois je voudrais pouvoir écrire vos prénoms en gros et gras

parce que je ne comprends pas, parce que je ne sais pas

-
mais je n'ose pas.
alors j'écris le brouillard, 
un samedi matin.

et pour le reste, quand je te croise dans la rue, sur un passage piéton,
je décroche mon téléphone et hurle dans l'oreille d'un ami.

vous êtes si pressés, je vous regarde passer.


je suis un peu fatiguée

d'attendre
autre chose

 

Lundi 20 octobre 2014 à 18:40

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Lundi 20 octobre 2014 à 13:52

Débouler au dehors dans la chamade du retard, être accueillie par un brouillard de ville, une dense brume du matin. La course du vélo tout à coup feutrée. L'enfilade des petites rues, tapis de feuilles mortes et jaunes, le silence d'un samedi, fraîcheur vaporeuse. C'est parfait, ça, le coton tout autour de soi pour sauvegarder le corps quelques précieux instants, pour ne rien perdre du peu de force qui draine ce réveil. Parfait, que ce ne soit pas un soleil insolent qui vienne me brûler le courage, qui me susurre des airs de Je-ne-veux-pas-travailler. Le brouillard ne me dit rien, il se tient, calme, m'accompagne, me claque tranquillement une bise sur la joue. Il habille le clocher, le métro, l'avenue d'un voile théâtral. Je m'engouffre dans les escaliers.

Vendredi 10 octobre 2014 à 9:46

Le plaisir de la solitude voyageuse. Monter dans un bus pour des heures, traverser des nulle-parts, ne parler à personne et demander à tout le monde (l'heure, les toilettes, la mer), atteindre des ailleurs et ne rien en partager, en garder pour soi chaque miette. Savourer la non-contrainte humaine, la possibilité du silence, du rien, de la folie. Être sa seule limite. Oh, ce plaisir ! Envie déjà de réenfourcher le sac à dos, de me dévisser le quotidien dans l'inconnu, d'aller à l'escalade des hameaux de nature.

Jeudi 9 octobre 2014 à 21:33

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Dimanche 21 septembre 2014 à 22:27

Je suis allée au refuge de mes draps parfumés eucalyptus, lire une fin de roman à la lueur de deux bougies. Il y faisait bon, il y faisait doux, une amorce d'âme réparée, de corps inspiré. Quand, arrivée à la dernière page, j'ai soufflé la lumière, la solitude m'a étreint plus qu'à l'habitude. Tranquille, sûre d'elle, elle m'a déstabilisée, raconté des histoires, donné des envies. Elle m'a emmenée tranquillement à la chouine, la pigne, la râle. Le caprice enfantin d'un câlin. Ne pas dormir seule, ne pas pourrir à moi-même. Le manège s'est mis en route dans ma tête et j'ai senti que toute la fatigue du monde aurait même du mal à le ralentir.
Alors je me suis relevée, je me suis assise à l'écran de l'ordinateur, je me suis abruti un peu les yeux. Pour ne plus le voir, pour ne plus rien voir.

En fait, c'est de cela qu'il s'agit : je ne me suis plus endormie sans être abrutie.

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