Dimanche 2 novembre 2014 à 23:08

Même si aller au travail un dimanche, c'est bien triste, ce fut aujourd'hui une pas si mauvaise idée : mon corps a complètement oublié le passage de toi. La dernière fois, j'avais moultes choses à faire à l'appartement et mon corps a trépigné toute la journée de mes ondulations à tes râles, à tel point que la nuit à nouveau tombant, j'eu pu allumer un cierge pour te faire revenir. J'ai du me retenir de déchirer ce qu'il me reste de tapisserie. Ce soir, tu vois, j'm'en fous. Seule ma tête se souvient de ton âge. J'avais pourtant dit que j'ne demanderai plus l'âge de ces messieurs, mais puisque tu as balancé ton fils entre le couloir et l'escabeau, j'ai rompu mon pacte de discrétion à moi-même. Du coup, ça y est. J'ai toujours chouiné que j'trouvais les jeunes papas trop sexys et que je voulais le mode d'emploi des divorcés de Spielplatz. Te voilà, ah mais, j'le savais même pas, et j't'ai pas ramassé dans un bac à sable. J'crois que tu comptes pas comme un jeune papa. T'as une petite griffure sur les fesses et tu m'assures que tu te l'as faite tout seul, moi j'te rigole.

Vendredi 31 octobre 2014 à 10:17

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Lundi 20 octobre 2014 à 19:44

Parfois je voudrais pouvoir nommer crûment

la façon qu'a la frustration de me déchirer

quand je vous croise dans la rue, dans le métro

quand vos absences sont plus à noter que vos présences

quand rien n'est expliqué et tout n'est qu'imagination

parfois je voudrais pouvoir écrire vos prénoms en gros et gras

parce que je ne comprends pas, parce que je ne sais pas

-
mais je n'ose pas.
alors j'écris le brouillard, 
un samedi matin.

et pour le reste, quand je te croise dans la rue, sur un passage piéton,
je décroche mon téléphone et hurle dans l'oreille d'un ami.

vous êtes si pressés, je vous regarde passer.


je suis un peu fatiguée

d'attendre
autre chose

 

Lundi 20 octobre 2014 à 18:40

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Lundi 20 octobre 2014 à 13:52

Débouler au dehors dans la chamade du retard, être accueillie par un brouillard de ville, une dense brume du matin. La course du vélo tout à coup feutrée. L'enfilade des petites rues, tapis de feuilles mortes et jaunes, le silence d'un samedi, fraîcheur vaporeuse. C'est parfait, ça, le coton tout autour de soi pour sauvegarder le corps quelques précieux instants, pour ne rien perdre du peu de force qui draine ce réveil. Parfait, que ce ne soit pas un soleil insolent qui vienne me brûler le courage, qui me susurre des airs de Je-ne-veux-pas-travailler. Le brouillard ne me dit rien, il se tient, calme, m'accompagne, me claque tranquillement une bise sur la joue. Il habille le clocher, le métro, l'avenue d'un voile théâtral. Je m'engouffre dans les escaliers.

Vendredi 10 octobre 2014 à 9:46

Le plaisir de la solitude voyageuse. Monter dans un bus pour des heures, traverser des nulle-parts, ne parler à personne et demander à tout le monde (l'heure, les toilettes, la mer), atteindre des ailleurs et ne rien en partager, en garder pour soi chaque miette. Savourer la non-contrainte humaine, la possibilité du silence, du rien, de la folie. Être sa seule limite. Oh, ce plaisir ! Envie déjà de réenfourcher le sac à dos, de me dévisser le quotidien dans l'inconnu, d'aller à l'escalade des hameaux de nature.

Jeudi 9 octobre 2014 à 21:33

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Dimanche 21 septembre 2014 à 22:27

Je suis allée au refuge de mes draps parfumés eucalyptus, lire une fin de roman à la lueur de deux bougies. Il y faisait bon, il y faisait doux, une amorce d'âme réparée, de corps inspiré. Quand, arrivée à la dernière page, j'ai soufflé la lumière, la solitude m'a étreint plus qu'à l'habitude. Tranquille, sûre d'elle, elle m'a déstabilisée, raconté des histoires, donné des envies. Elle m'a emmenée tranquillement à la chouine, la pigne, la râle. Le caprice enfantin d'un câlin. Ne pas dormir seule, ne pas pourrir à moi-même. Le manège s'est mis en route dans ma tête et j'ai senti que toute la fatigue du monde aurait même du mal à le ralentir.
Alors je me suis relevée, je me suis assise à l'écran de l'ordinateur, je me suis abruti un peu les yeux. Pour ne plus le voir, pour ne plus rien voir.

En fait, c'est de cela qu'il s'agit : je ne me suis plus endormie sans être abrutie.

Dimanche 21 septembre 2014 à 22:08

J'ai les paupières cousues à la mauvaise haleine, un trou d'air dans les côtes, une furieuse envie de dormir qui me percute la nuque. Comme une sensation d'artères nouées, de corps à sec et à vide, on dirait presque que j'ai les yeux qui ont arrêté de voir. Pourtant, je suis là, je respire, mais rien n'y est. Désertion.

Mardi 16 septembre 2014 à 12:39

Et dès que la lumière enfile sa robe de jour, je sors de mon arbre et monte sur les toits. Je vais boire mon infusion de soleil, et je sais que je déroge au menu convenu. Je le sais tellement que ça me démange dans la tête, le point d'ancrage de l'appartement qui me tire vers le retour, vers le plus-tard-il-faut-que-je-rentre-j'ai-des-chose-à-faire. L'idée du lieu de vie devient insupportable, je voudrais n'habiter nulle part, que ce fichu trousseau de clefs n'existe pas, que ce domicile ne m'appelle pas à me rendre. Les premières minutes sont terriblement difficiles, indécises, coupables. Pourtant, peu à peu, j'oublie. Les genoux nus, je compte les petites tâches de rousseur qui fêtent mes jambes. Je m'endors un peu, je pense à lui inévitablement, je sirote un jus de pommes, j'étire la solitude, je la dessine, le soleil m'étouffe la nuque, j'ai les cheveux papillons et oublié mon adresse.

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