Jeudi 30 avril 2015 à 0:49

 J'suis triste. Oh, je ne suis pas triste de larmes, j'suis juste triste du visage qui fait la moue, et de la pointe de déception dans le thorax. Je suis un peu triste parce que je me rends compte que je vais lâcher prise, abandonner l'idée de te faire apparaître dans le vrai. Je vais te laisser de  ton côté de l'écran, sans te convoquer sur un trottoir où je puisse te rejoindre. Même si je ne vaux pas la moitié de trois centimes dans ce jeu de petits imbéciles que l'on déroule, j'avais la pensée immobile de t'atteindre, malgré la peur ou avec insouciance. Mais je ne peux pas te secouer éternellement, c'est pas décent, c'est pas autorisé, de toutes façons je ne sais pas dans quel sens te faire tourner puisque je ne t'ai jamais vu marcher. Je suis toujours prête à mouiller ma chemise quand le courant ne mène nulle part, c'est à peine croyable, on dirait qu'on le fait tous exprès, sans cesse, se donner des invitations là où on ne va pas, je voudrais que finisse le naufrage des bouteilles à la mer, que l'on s'engage moussaillon, pour un tour de barque. Pas besoin d'une croisière, pas besoin d'un paquebot. Un tour de barque et une pagaie. J'en avais envie.

Vendredi 3 avril 2015 à 1:55

Comment effacer, atteindre, atténuer la douleur de cette coupure que je ressens au plexus solaire mais qui n'existe pas ? Comme ça faisait longtemps que je ne m'étais pas retrouvée broyée dans la machine à gravillonner les autoroutes nausées. J'avais perdu la sensation de ces larmes sèches qui agrippent les poumons, les tirent, les tâchent, les arrachent. J'ai des frissons dégueulasses sur les avant-bras, comme un seau de pluie un jour de froid. Aux amygdales, pendu, un besoin terrible d'un câlin, d'une étreinte, d'un serrement entre deux bras, contre un humain. Dis-moi, s'il te plait, comment alléger ces symptômes physiques, cette angoisse qui me tord, comment me sortir vivante de cette journée qui s'apprête de si tôt à tourner mal, je ne veux pas faire souffrance, dis-moi, s'il te plaît, quelque chose. Une ébauche, une idée, un espoir.

Mardi 31 mars 2015 à 23:47

Mardi 31 mars 2015 à 11:36

Tu viens te cogner à moi comme un papillon fou, tu me renverses sur le sol et on se dévore sans jamais se manger, je reprends de justesse ma respiration avant qu'elle ne se donne abandonne. Tu es sans cesse attendu, je souhaiterai qu'il n'en soit rien, que l'on puisse faire éternellement des roulades dans cette maison vide, se chercher dans tous les angles, se bousculer contre tous les murs, des heures durant, nos aimants finiraient bien par se fatiguer, par se laisser glisser sur le parquet, tranquilles. J'ai envie d'un jeu, d'une bataille, je cours, tu m'attrapes, je te fais tomber, tu te laisses étreinte, je me roule boule. Il n'y a que cet extraordinaire présent avec toi, si dense, si palpable, ce présent là qui ne se ressent pas déplacé, et pourtant, je m'inquiète de toi, de tes limites, je freine notre plongeon, j'ai peur que tu te laisses déborder, je ne suis pas sûre pour toi, je ne peux pas l'ignorer, je ne veux rien abîmer. Ce n'est pas mon affaire, je n'ai pas à m'occuper de ta conscience, et puisque nos épidermes me révèlent si fort notre naturel, notre légitime, méfie-toi, un jour je ne serai plus notre garde-fou, un jour j'ouvrirai la porte sans garder la main sur la poignée. Je vais te prendre, le veux-tu ?

Vendredi 20 mars 2015 à 23:37

J'ai entraperçu tes creux et tes vides, là, assise à côté de toi. Il faisait si froid sous tes yeux. J'aurais souhaité que tu ne viennes pas tant tu semblais avoir marché les pieds à l'envers - je n'ai pas su contourner ce drôle et assourdissant silence, pas su l'étreindre, pas su l'apaiser. J'exagère, qui me connait. Tout de même. Laissée face à mon humaine incompétence, j'ai balbutié en attendant qu'heure passe, que canal tourne. J'ai gardé bien fort mon sourire d'enfant, comme un drapeau, je ne l'ai rangé dans mes pédales qu'après t'avoir salué. Depuis je repasse sans cesse le scénario de ta fatigue, de ton usure, de ce courant d'air qui émanait de toi, je ne peux que constater que l'inconnu ne tombe pas son masque en deux tours de pistes,

va-t-en, Louise

je m'y emploie, pour tout le temps que je pourrai, te fiche la paix.

Lundi 16 mars 2015 à 22:23

Je suis tellement épuisée, roulée en boule comme un chiot dans le coin de mon lit, je regarde la lampe depuis une éternité sans réussir à lâcher prise. J'ai bien essayé d'appeler mille personnes, de tenter une diversion à mes paupières le temps d'un prétexte de conversation, de désamorcer les zombies de pensées, de reprendre le contrôle pour pouvoir tout éteindre. Pas un idiot ne décroche, je reste bloquée sur la lumière, je voudrais tellement dormir entre tes bras mais c'est le mirage de la fatigue. Je me retiens pendant une heure de t'envoyer un sms. Finalement je le laisse me filer entre les doigts, j'ai plus de principes, plus de force, à quoi bon. Je voudrais n'importe qui, n'importe quoi qui me dise Louise, va te démaquiller, je t'attends et je ferme la lumière, n'importe qui - n'importe quoi pour m'envelopper, me blottir, me caresser les cheveux quelques minutes. Je suis rendue à ce point précis de la fatigue où tout est tension, tendu, tendon. Que faire, sans toi, sans qui, sans quoi ?

Mardi 3 mars 2015 à 18:06

Je vais tomber amoureuse de toi, c'est sûr désormais, je le vois venir gros comme un immeuble; ou peut-être que je l'ai toujours été un peu, depuis le premier soir, depuis ce printemps où l'on se croisait sans cesse par hasard dans la rue. Peu importe, je vais tomber amoureuse et me relever, je ferai ce qu'il faut pour me raisonner, et j'aurai sans doute et parfois tout de même des envies de chouiner. Mais enfin, tu sais, je veux te dire ce que je ne te dirai pas, ça me fait un plaisir démesuré de savoir que l'on va se voir, (se regarder), ici, dans cette vie. Oh, peu et pas souvent, mais j'ai un joyeux sentiment de printemps, là, une furieuse sensation de lumière, je souris beaucoup le jour et je dors mal la nuit. J'ai hâte de connaitre le parfum de ton cou et de ta peau à cet endroit des embrassades, de le connaitre - de le savoir, comme celui des humains que souvent l'on étreint, ceux qui comptent, oui, sois sûr que je vais te prendre dans mes bras, c'est une chose que j'ai vraiment prévu de faire, te prendre dans mes bras, cela me semble un bon à-venir, de temps en temps il arrivera que je me fracasse contre un mur, mais sinon, je suis assez heureuse de l'idée de ce peu de chemin qui vient.

Vendredi 27 février 2015 à 22:18

J'ai une envie et une tendresse pour toi, il y a un peu de place ici où tu serais le bienvenu, où tu es même souhaité. Je ne sais pas sous quel prétexte te convoquer, juste pour avoir le temps de te dire ça, de te dire, Bordel garçon, j'ai un bon feeling avec toi, voudrais-tu s'il te plait t'inviter un peu dans ces jours ? J'essaie d'être patiente et de me faire une raison, je suis patiente, je me suis même fait trois ou quatre raisons, mais tout de même, je suis un peu papillon quand tu es dans les parages et un peu chantante quand tu es en approche. Je te pique de temps en temps, je te demande un peu plus que ce rien du tout, je ne sais jamais si ça tombe dans le vent ou par la trappe par laquelle toujours tu t'enfuis. Il semblerait que le vent te garde quelques-uns de mes échos, il semblerait que d'une fois dans l'autre tu n'aies pas oublié. Sous quel prétexte te convoquer, juste pour te dire ça, Bordel garçon, j'ai parfois juste envie de dormir entre tes bras, bordel garçon, j'ai parfois juste envie de me promener avec toi, j'aimerais qu'il y ait entre nous comme une confidence occasionnelle, comment te demander si tu veux bien; ou si tu ne veux pas, si on se volera toujours un baiser deux fois l'an, comme ça, l'air de rien, en regardant ailleurs. J'ai bien aimé avoir un peu de ton épiderme sous mes paumes, mes bras dans ton tee-shirt, après tes épaules, les yeux vrillés dans les tiens, je ne te propose pas de l'amoureux, je ne te propose pas de l'amant, je ne te propose même pas de l'ami, mais est-ce qu'un bricolage d'humain privilégié, est-ce que cela pourrait t'aller ? J'ai comme une confiance en toi, tu vois. Peut-être que je me berce d'histoires, mais non, je crois que la liste des impossibles est assez claire; il reste pourtant une lucarne où l'on devrait pouvoir s'amuser d'un lien, non ? Allez, garçon, je te jure, je ne crois pas être dangereuse.

Dimanche 1er février 2015 à 17:53

http://clignotants.cowblog.fr/images/2014/IMG20150201174018.jpg

Lundi 26 janvier 2015 à 21:06

Ne me dis pas "Embrasse-moi" quand tu me quittes, ne me dis pas "Sois tendre" quand le fil du téléphone en nos ventres est noué. Ne me donne pas d'impératifs de douceur dans la douleur. C'est beau de pouvoir lancer une fleur quand la lumière s'éteint, je ne sais pas le faire. J'ai appris la tendresse, elle vient doucement, certes toujours trop peu, mais elle vient aux heures où les aiguilles se font velours. Je ne sais pas être caresse quand le pas du temps me tape les tympans, lorsque les secondes me tombent dru sur la tête. Ne me dis pas "Embrasse-moi" quand tu me quittes comme une porte qui claque, idiot ! Si tu veux un baiser, serre-moi et étouffe un instant le bruit de la montre que j'ai avalée.

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