Mercredi 19 février 2014 à 14:00

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Mercredi 19 février 2014 à 2:19

Je sais maintenant que Berlin n'est pas pour moi. Je le sens, c'est organique, une certitude. J'y resterai juste assez longtemps pour en partir.

Je suis un papillon. Les papillons ne vivent pas enfermés au balcon. Ils s'éveillent au jardin, sèment des tournesols, regardent fleurir et faner les coquelicots.

Lundi 17 février 2014 à 9:21

Traverser la ville à pieds et mettre au clair un bout de pensée, au rythme du martèlement de tes pieds dans le béton berlinois. Aller chercher dans cet air frais un peu de la bouffée d'oxygène de l'à venir. Trouver dans le métronome de la marche l'espace d'une ou deux certitudes; ne sont-elles pas des certitudes pourraient-elles s'appeler décisions. Ne sont-elles pas des décisions, pourraient-elles être des esquisses. Penser qu'est sans doute venu le temps d'une identité à claironner. À s'imposer, à ne plus esquiver. Si tous mes fantasmes ruissellent sans cesse vers la campagne, prendre les mesures d'un voyage pour une vie à la source. Puisque rien ne me transperce plus que l'idée d'une maisonnette aux volets colorés en terre de nulle part, il va falloir jouer ce jeu là, peu importe l'âge, peu importe le moyen. Et à défaut d'y sauter à pieds joints, mademoiselle, marche donc, regarde devant et va. À ton rythme, oui, mais va, va là-bas. C'est fini de piétiner. Fini de patienter. Fais.

Lundi 10 février 2014 à 21:38

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Dimanche 9 février 2014 à 0:32

Passer quelques heures dans le giron de Luis et se sentir profondément à sa place, là, dans le monde, parce que le petit homme me rend toute ma légitimité, parce qu'il a ce pouvoir là, dans cet équilibre de lui à moi, cette confiance, là, dans cet instant minuscule et infini des confiances, je peux, j'ai le droit, je suis : je ne doute pas. Je suis calme ce soir, j'ai couru dans l'ombre de Luis aujourd'hui, et ça me va, c'est une petite ombre mais elle peut bien contenir des centaines de moi.

Les enfants m'ont faite. Je suis née avec Anouck, j'ai grandi avec Joséphine, j'ai découvert la vie avec Luis.

J'aimerais, à l'éternel, être cette main dans la leur quand ils montent dans le bus, s'assoient dans le tram, attendent le métro. Je n'aimerais pas que cette boussole qui me guide tout à coup se taise.

Mais tout de même, il faut comprendre. Il faudrait, encore, apprivoiser de petits humains ? Il faut comprendre que j'hésite à entamer un nouveau récit. Le démarrage est parfois si long. Je ne veux plus de démarrages. Je ne veux que des croisières !

Dimanche 9 février 2014 à 0:19

Traverser la ville à sa première heure de lumière, tout est à l'arrêt, silencieux; seul un rai de lumière se fait entendre, et les oiseaux qui dissertent. Je me sens si bien entre ces murs dans ces chemins de pavés. Ce matin encore, rendez-vous avec l'incroyable douceur angevine, si dense d'oxygène, porteuse d'élan et d'apaisements.

Mercredi 5 février 2014 à 23:58


Lundi 3 février 2014 à 18:29

Le métro verse et déverse son sang épais de manteaux noirs et pantalons sombres. Je suis le globule rouge de ces lieux. Tous ces humains destinés à rester inconnus, ces visages qui resteront silencieux. Paris l'anonyme. Depuis plusieurs semaines je suis une comète qui traverse vos ciels, pas décidée à aller me retourcrasher dans ma galaxie. Je goûte à l'apesanteur et me laisse rebondir à vos silhouettes & portes ouvertes. J'erre dans les campagnes, sans appartenance. Ne m'en voulez pas de ne pas aspirer à me revenir. Je suis si bien, là, sans rien.

Lundi 3 février 2014 à 2:07

Au moins aurais-je eu l'oeil humide de déception et de frustration de toi : me voilà promue au rang des filles qui auraient pleuré pour toi. Merveille du monde que de découvrir cela ! J'avais su me l'épargner, en tenant fermement les amarres. Il faut croire que j'ai eu de trop les dents serrées, ce soir, ma fatigue t'a joué une discrète sérénade sous la pluie. Personne n'en a été témoin : il faut donc que je te le rapporte. J'espère seulement que tu tires quelques fiertés de ces situations, si c'est arrivé par mégarde, quel manque de panache, quelle tristesse ! Que ma solitude en capitale ne soit pas vaine; qu'elle comble des ailleurs. tes ailleurs ?

Ah, oublions. N'y pensons plus. Dansons en silence. Effaçons ces numéros tant de fois composés. Ces lignes de route désespérément vides.

Note d'archive : Quelle idée de s'amouracher de l'ogre mangeur d'âmes. Tu t'embarques dans une tempête et un naufrage ma jolie.

Au moins nous auras-tu épargné la tempête et le naufrage. En ces temps difficiles, pensons : c'est toujours ca de pris.

Samedi 1er février 2014 à 18:37

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