Samedi 19 janvier 2013 à 1:58

ça y est le contre-coup ça me colère me brûle me boule de neige me tempête me pleure me crie me crie me crie, je veux tout arrêter, claquer la porte, j'ai envie de dire à l'une que c'est une conne à la deuxième une imbécile, aux autres des civilisés insipides et de mauvais tragédiens, envie de lui dire qu'il a bien eu tort de mettre un pied dans le plat, qu'il aurait du garder sa vie hors de nous, qu'en notre sein tout est putride, je développe une soudaine intolérance à cette politesse de façade, à ces amours cachés à ces sincérités déguisées, je deviens allergique à ces habitudes de ramper, merde, où est passée la sincérité, que de conventions, que de conventions ! je veux claquer les portes, ne plus visiter la mélancolie, ni le temps d'un cigare ni le temps d'un alcool, je veux claquer les portes, partir, ne pas laisser d'adresse.

qu'est-ce que c'est que ce rendez-vous foireux, avorté, stérile ? démission générale.

Jeudi 17 janvier 2013 à 2:40

Je ne suis plus fatiguée aux heures où la fatigue vient habituellement me chercher.
Je tourne à l'envers, et souvent, à vide. J'attends. Je baille. Ah ?

Mercredi 16 janvier 2013 à 11:46

J'ai replié mon lit et remis à l'eau mon radeau de solitaire, il me tarde désormais de défaire la grande voile pour naviguer dans tes nuits. Désigne-toi et fais-toi connaitre. Je t'attendrai dans chaque porte que je pousserai. Je chahuterai les immobilités pour mieux accueillir les déséquilibres de ta présence. J'aimerai la chaleur de ton corps entre mes draps pour mieux apprécier les nuits où il ne restera que moi. J'imagine ton étreinte et tes lèvres. Je veux ton étreinte et tes lèvres. Je veux un parfum d'homme dans mon boudoir coloré, je veux ta voix et ta force pour bousculer mes habitudes de mourir. Je fais le pari des crampes dans le ventre dans les impatiences les désirs les incertitudes, je fais le pari des soupirs d'ennui contre toi, entre toi, avec toi. Présente-toi et dis-moi que de passion tu n'as plus, je prendrai ce qu'il te reste d'humain, d'amitié et d'amour, ce sont des profondeurs où l'on peut nager.

Attention, le ciel est bas. Il ne faut pas étouffer. Viens, que l'on s'amarre à la terre ferme. Ferme les yeux deux instants et laisse nous divaguer.

Dimanche 13 janvier 2013 à 23:07

 Il manque

: une sortie

: un horizon
: une perspective
: un écho
: une dimension

je vis sans relief

Mardi 8 janvier 2013 à 1:58

Finalement, Berlin est un trompe l'oeil, l'image d'une liberté et d'un départ, que l'on imaginait être la décision la plus juste, la plus vibrante, celle à la résonance parfaite. On y croyait, vraiment, dur comme fer. Foutre ! L'esquisse d'un retour souligne les anomalies les dysfonctionnements et le manque de perspective de cette image, il y a eu trop d'humain / de vrai / de douceur de l'autre côté des contours, trop de vies, revenue ici je sais identifier mes folies, mes folies sont solitudes, mes solitudes sont mille, mes mille sont vides. Il y a quelque chose de pourri dans le royaume d'Allemagne.

Ce fut un enseignement grave,
profondément heureux,
résolument triste,
volatile et joyeux.

Ras la cacahuète de me cogner au bocal de mes capillaires, je veux regarder les autres vivre.

Mardi 8 janvier 2013 à 1:42

Redis-moi cette phrase, redis-moi ces mots à peine chuchotés, répète ce que tu viens juste de dire, repose cette information, préviens-moi encore des néants qui pourraient me surprendre. Laisse-moi à nouveau glisser dans l'imagination de tes floraisons quand j'associe mes éclosions aux tiennes, parle-moi encore dans le cadre de la porte pour que cesse cet élan éternel vers toi, repousse-moi fermement vers mes intérieurs; qu'est-ce qui me lie à toi, rien _ Si, tout, une blessure, une chair brûlée, un muscle à vif, une peau morcelée, qu'est-ce qui me lie à toi si ce n'est l'orgueil décapité, rends-moi ma fierté et je te laisserai me redire cette phrase à l'infini, rends-moi ma féminité et tu pourrais me faire l'étalage de celles que tu as conquises, je les compterai sur nos doigts en riant avec toi, en te félicitant, et sans avoir envie de passer ma main dans tes cheveux.

Rends-moi ce que je crois toujours et encore vouloir investir dans ton corps,

je souhaite libérer mes imaginaires

m'en aller de toi, Corny

m'en aller parce que

toi et moi

c'est fini

il n'y a rien, plus rien qui nous lie,
si ce n'est, la mémoire,
la mémoire que je crois parfois
ne plus avoir
mais qui danse chante et ment
la mémoire qui me fait croire
la mémoire qui nous regarde
avoir encore
des mots

la mémoire, qui devrait, une fois pour toutes, s'immobiliser.


et me rendre, ma liberté.


Mardi 25 décembre 2012 à 18:23

Finalement, j'aime ça, partir à pieds, le pouce levé. Savoir, que quoi qu'il arrive, il va falloir marcher dans cette direction là, ne surtout pas rebrousser chemin. L'autre matin, le froid s'était levé pour la première fois. Emmitouflée dans mon écharpe, je jouissais de ce beau spectacle empailleté. Un épi de soleil commençait à percer le jour. La campagne était sculptée de givre, infiniment immobile. Vie à l'arrêt. Apnée. Tout semblait prêt à se briser. Les tapis d'herbes dans les fossés retenaient leur respiration. J'étais le seul mouvement à l'horizon et me délectait de cette exclusivité. Joie.
Aujourd'hui, il pleut. Mais je m'en fiche, il ne fait pas froid. Je pose un foulard sur mes cheveux, je suis sereine, je suis partie tôt. Je m'étonne de la beauté des petits riens qui jalonnent la route, je jubile des miracles de la campagne, de sa générosité et de sa bonté. Je me glisse dans la cage thoracique de chaque matière qui m'entoure. La pluie pèse, lourde. Tout est moelleux, endormi, cotonneux. Je voudrais épouser ce paysage, déclarer mon amour à la pierre, embrasser la terre. La manger par poignées.
Où est mon appareil photo ? Cette rue qui sinue à plat devant moi appelle à devenir image. Le gris pommelé du ciel, le léger bandeau de brouillard qui rase l'horizon, le liserai vert des fossés qui danse avec la ligne goudronnée. Et ces fenêtres de bois vieux et gondolé dans leur cadre de tuffeau, et ces ronces, quelle grâce, ces ronces ! Perlées de gouttes d'eau, fortes et dessinées. J'aime cette atmosphère, ce clair de début de jour pas vraiment lumineux, ce gris ambiant qui n'a pas oublié d'être coloré.

J'en veux encore, encore, encore !

Vendredi 14 décembre 2012 à 21:36

Il me semble que j'ai rêvé de toi plusieurs fois, mais je ne sais pas trop. En tous cas, des brumes et des brouillards ont l'air d'avoir ta silhouette, ta présence pourrait flotter dans l'inconscient. L'autre soir je suis sortie contrariée de la boutique et ai été prise d'une soudaine et intense envie de pleurer. Tout de suite, j'ai eu le geste de t'appeler. De te dire _Au secours je chouine, comme tant d'autres fois, _je n'arrive pas à respirer, _je vais jeter le vase par terre, _je vais m'arracher les cheveux. Mais non. Mon portable est resté dans ma poche et j'ai vacillé quelques instants au bord du trottoir, sans d'autre alternative que moi. Plus tard, je suis assise dans un bar. Je bois mon éternel thé à la menthe, comme chaque jour depuis ici. C'est plein, il y a des êtres humains partout. Il ne manque que toi. Toi qui d'ailleurs fait si souvent remarquer que tu ne fais pas partie des beaux, je voudrais bien ton avis sur ce pays où les regards ont un poids et une densité, où nos corps résonnent dans ceux des autres. Peut-être changerais-tu de discours. Ce serait bien, si tu étais assis en face de moi, je crois que tes bavardages auraient leur place maintenant exactement. Ce serait un moment à être ensemble. Mais on a pacté la rupture, c'est fou d'être idiots comme ça, y penses-tu, parfois ?

Dimanche 2 décembre 2012 à 18:06

C'est bien d'être partie d'Allemagne, je respire. Mais les dimanches berlinois me manquent déjà; ils ont une saveur inimitable. C'est le jour de piscine et le jour des marchés aux puces. C'est le jour de la semaine où tout est infinie liberté, c'est le rendez-vous gourmandise et aventure, sucre et chocolat, promenade et chantilly. Rien n'arrête un dimanche là-bas, tout y est possible. Je crois qu'il faut se rendre à l'évidence, je vis à Berlin pour les dimanches, mes semaines commencent et finissent ce jour là, elles naissent et s'éteignent dans sa lumière. Partout ailleurs les dimanches ont quelque chose de terne, un goût d'ennui. Le dimanche à Berlin, c'est le jour de la vie.

Vendredi 30 novembre 2012 à 2:32

 Berlin - Bruxelles - Paris - Rennes - Angers - Nantes (?)  - Marseille (?) - Lyon - Berlin

Salut gamin, je vais voir sous d'autres ciels si quelqu'un m'attend.

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