Samedi 27 juin 2009 à 23:26

Il y a des lumières qui naissent et s'éteignent sans voix, à la manière d'un papillon de nuit silencieux, dont rien ne laisserait deviner la présence.

Aujourd'hui fut un jour exactement comme ça. C'est le soir maintenant et ma bouche est une porte dont j'ai oublié les clefs.
« Tes lèvres Louise, penses-tu ce qu'elles me disent ? » *

Je suis une planète muette lancée en orbite dans la ville, un monde clos dont rien n'émane, une propriété du silence. Comme une poupée sans le mot, je me promène et n'ai plus qu'une vie en ballet des sens. Un corps sans parole, dont la seule empreinte est celle du poids des mouvements, des tissus qui se frôlent, de l'écho des pas, de l'intensité des regards, du rire timide des sourires; une existence de geste et d'écoute, une collection de timbres vierges d'enveloppes.

Et je suis un tiroir à alphabets de tous genres, les pensées claquent tapent dansent et résonnent sans trouver d'issue vers l'ailleurs, les phrases me chatouillent la peau sans réussir à la percer, elles s'enroulent dans mon dos, s'arabesquent dans le creux de mes chevilles et dessinent comme des ailes dans mes respirations,

et je ne parle pas,
je ne suis plus qu'un nuage vaporeux de mots qui ne se disent pas

et je suis comme intouchable.
* Louise, Thomas Fersen.
Par maud96 le Dimanche 28 juin 2009 à 12:15
Ce Vendredi et ce Samedi étaient décidément pour toi jours de composition poétique, photos et mots...
Je trouve ce texte très beau (paradoxal en même temps, puisque finalement, pour s'écrire, il a dû franchir le tabou du muet !
Par bulle2coton le Lundi 14 septembre 2009 à 15:25
Rentre pour Louise
 

Vous avez la parlote ?









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