Lundi 26 novembre 2012 à 1:35

Qu'est-ce qui change, qu'est-ce qui diffère ? Je me retrouve, une fois de plus, à une sorte de point de départ. Avant, quand j'étais jeune et plus à sauver, les ruptures me nourrissaient, me donnaient de quoi respirer. Maintenant, que je suis toujours jeune mais un peu plus devenue, j'ai fais l'expérience du réconfort, l'expérience de la confiance, l'expérience de l'abandon. Cette porte qui claque m'a donc, légitimement, effrayée. J'ai imaginé la suite : de la difficulté de s'en remettre, de la peur de la solitude, du besoin de l'autre. J'ai très bien visualisé la possibilité du futur : une flaque, un anéantissement. Grandir et tomber.

Mais, ô surprise, depuis quelques minutes, je sens Margot sortir ses vieux crocs. Lorsque je paradais et distribuait des expulsions, lorsque j'avais la hargne et la volonté, lorsque la forteresse était imprenable. Lorsque je n'avais pas encore eu l'idée périlleuse de tomber le décor.

Je sens la marée monter et cet élan me berce, me calme, m'apaise. Alors, j'ai toujours, au fond de moi, ces effluves vénéneuses, cet antidote aux divorces, cette audace de crier merde, partout et à tout le monde ? Même si cette agressivité là ne m'intéresse plus, je la salue, je lui offre un thé, je la prends dans mes bras et lui murmure Comme tu m'as manquée. Viens, allonge toi près de moi, regarde, j'ai un grand lit, reste aussi longtemps que tu voudras, aboie et tempête, mord et rouspète, fais tout ce que tu veux, dans les proportions que tu veux. Je suis là, mais je te laisse mener la guerre, je vais aller dormir, c'est épuisant de ramper, épuisant de dire Oui, épuisant de promettre d'essayer. Allez, fais toi plaisir, je te rends toute la place que je t'avais prise. C'est ton quart d'heure de gloire !

Un rire sardonique résonne. Comme le rire d'une vengeance.
Tant de mois de silence. Elle est là.
Par Jezebel le Lundi 26 novembre 2012 à 20:36
Ironique comme en te lisant ma propre vérité me revient en pleine face. Cette agressivité est encore absente de ma maison, elle est partie en vacances je crois, et aujourd'hui elle manque. Je guette mon portable dans l'attente d'une réponse, et quand il me dit "on discutera demain, en vrai, pas par sms" je ne sais pas pourquoi j'attends ce demain, ces paroles qui blesseront ou qui réchaufferont. Le franc parler devrait revenir au galop me sauver: "si tu n'as pas su en un week-end, tu ne sauras pas plus demain. Bon vent".
Et je ne peux pas.
Je te souhaite de ne pas avoir écrit cela sur un coup de tête, un coup de force moral. J'espère qu'elle est bel et bien revenue, et que tu t'y accroches, qu'il n'y aura pas de rechute.
 

Vous avez la parlote ?









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