Vendredi 25 janvier 2013 à 23:13

Libérée de Berlin je suis calme, claire, limpide et lumineuse. Je peux parler de cauchemars sans les revivre. Je peux nommer des sensations expliquer des phénomènes raconter des folies. Écoute-moi quand je suis une femme et profite. Regarde-moi, me reconnais-tu ? Je respire entre les mots, l'imminence du danger s'est tue. Elle reviendra bien vite. Pourquoi la ville est devenue ma prison, d'un coup d'un seul, comme une claque d'absolu ? Je promène ma carcasse de torturée, me tord de douleurs, hoquète des phrases sans logique. Il se joue la trame d'un drame dont je peux définir les contours lorsque je suis loin, mais dès que je m'en approche, je suis engloutie déglutie avalée noyée. Je ne me reconnais pas. Je me connais par coeur, me projette dans les défaites les renoncements les pleurs. Je suis anéantie par une force dont j'ignorais l'existence. Je n'ai pas les outils pour la traverser, la contourner, l'enfermer, la mettre à mal, la faire fuir, lui infliger une raclée. Il me manque des compréhensions des reliefs des cachettes. Me voilà redevenue débutante, je suis à nue, ignorante, à vue, sans savoir décider d'un plan de repli, d'une capitulation, d'un armistice.
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