Lundi 17 février 2014 à 9:21

Traverser la ville à pieds et mettre au clair un bout de pensée, au rythme du martèlement de tes pieds dans le béton berlinois. Aller chercher dans cet air frais un peu de la bouffée d'oxygène de l'à venir. Trouver dans le métronome de la marche l'espace d'une ou deux certitudes; ne sont-elles pas des certitudes pourraient-elles s'appeler décisions. Ne sont-elles pas des décisions, pourraient-elles être des esquisses. Penser qu'est sans doute venu le temps d'une identité à claironner. À s'imposer, à ne plus esquiver. Si tous mes fantasmes ruissellent sans cesse vers la campagne, prendre les mesures d'un voyage pour une vie à la source. Puisque rien ne me transperce plus que l'idée d'une maisonnette aux volets colorés en terre de nulle part, il va falloir jouer ce jeu là, peu importe l'âge, peu importe le moyen. Et à défaut d'y sauter à pieds joints, mademoiselle, marche donc, regarde devant et va. À ton rythme, oui, mais va, va là-bas. C'est fini de piétiner. Fini de patienter. Fais.

Dimanche 9 février 2014 à 0:32

Passer quelques heures dans le giron de Luis et se sentir profondément à sa place, là, dans le monde, parce que le petit homme me rend toute ma légitimité, parce qu'il a ce pouvoir là, dans cet équilibre de lui à moi, cette confiance, là, dans cet instant minuscule et infini des confiances, je peux, j'ai le droit, je suis : je ne doute pas. Je suis calme ce soir, j'ai couru dans l'ombre de Luis aujourd'hui, et ça me va, c'est une petite ombre mais elle peut bien contenir des centaines de moi.

Les enfants m'ont faite. Je suis née avec Anouck, j'ai grandi avec Joséphine, j'ai découvert la vie avec Luis.

J'aimerais, à l'éternel, être cette main dans la leur quand ils montent dans le bus, s'assoient dans le tram, attendent le métro. Je n'aimerais pas que cette boussole qui me guide tout à coup se taise.

Mais tout de même, il faut comprendre. Il faudrait, encore, apprivoiser de petits humains ? Il faut comprendre que j'hésite à entamer un nouveau récit. Le démarrage est parfois si long. Je ne veux plus de démarrages. Je ne veux que des croisières !

Dimanche 9 février 2014 à 0:19

Traverser la ville à sa première heure de lumière, tout est à l'arrêt, silencieux; seul un rai de lumière se fait entendre, et les oiseaux qui dissertent. Je me sens si bien entre ces murs dans ces chemins de pavés. Ce matin encore, rendez-vous avec l'incroyable douceur angevine, si dense d'oxygène, porteuse d'élan et d'apaisements.

Lundi 3 février 2014 à 18:29

Le métro verse et déverse son sang épais de manteaux noirs et pantalons sombres. Je suis le globule rouge de ces lieux. Tous ces humains destinés à rester inconnus, ces visages qui resteront silencieux. Paris l'anonyme. Depuis plusieurs semaines je suis une comète qui traverse vos ciels, pas décidée à aller me retourcrasher dans ma galaxie. Je goûte à l'apesanteur et me laisse rebondir à vos silhouettes & portes ouvertes. J'erre dans les campagnes, sans appartenance. Ne m'en voulez pas de ne pas aspirer à me revenir. Je suis si bien, là, sans rien.

Lundi 3 février 2014 à 2:07

Au moins aurais-je eu l'oeil humide de déception et de frustration de toi : me voilà promue au rang des filles qui auraient pleuré pour toi. Merveille du monde que de découvrir cela ! J'avais su me l'épargner, en tenant fermement les amarres. Il faut croire que j'ai eu de trop les dents serrées, ce soir, ma fatigue t'a joué une discrète sérénade sous la pluie. Personne n'en a été témoin : il faut donc que je te le rapporte. J'espère seulement que tu tires quelques fiertés de ces situations, si c'est arrivé par mégarde, quel manque de panache, quelle tristesse ! Que ma solitude en capitale ne soit pas vaine; qu'elle comble des ailleurs. tes ailleurs ?

Ah, oublions. N'y pensons plus. Dansons en silence. Effaçons ces numéros tant de fois composés. Ces lignes de route désespérément vides.

Note d'archive : Quelle idée de s'amouracher de l'ogre mangeur d'âmes. Tu t'embarques dans une tempête et un naufrage ma jolie.

Au moins nous auras-tu épargné la tempête et le naufrage. En ces temps difficiles, pensons : c'est toujours ca de pris.

Mercredi 29 janvier 2014 à 17:40

Ouvrir la fenêtre et le ciel de nuages gris, ourlés là-bas d'une dentelle mauve, transpercés par le dessous de soleil, deux puits magnifiques de lumière couleur lave qui descendent lécher les arbres, ouvrir la fenêtre et le ciel de nuages gris, en son côté déchiré d'une promesse de matin bleu, piqueté de blancs et de clairs;
ouvrir la fenêtre et cet oxygène terrifiant de beauté, cette odeur de campagne inimitable, cette douceur de vivre incontestable, ce truc qui te prend, te traverse, te crie des certitudes, des apaisements, des reviens-moi.

Mardi 28 janvier 2014 à 9:37

Dans ton lit, ce matin
la jolie insomnie...
Tu prends conscience,
nébuleux, groggy,
tout à coup, tu la vois
l'insomnie
qui se prélasse
qui s'étire
elle est venue
se lover contre toi
cette nuit
entre tes bras
entre tes draps
dans l'odeur de ton cou
elle te sourit
la jolie insomnie

dans ton lit

tu la vois
tu lui dis
Oh putain mais qu'est-ce que tu fous là...

Lundi 27 janvier 2014 à 21:40

J'ai le coeur qui, à chaque battement, trésaille; comme faible, tremblant, pendu à son bout de chair. Il n'est pourtant pas question de faiblesse, simplement d'un malaise qu'il convient de balayer du revers de la main. Ce sont des mots qui postillonnent sur cette respiration arrêtée, des phrases qui tourbillonnent à la recherche de ce qu'il aurait du être de sincérité. C'est la raison du sommeil qui ne m'a pas encore cueillie. Il y a dans cette mascarade un manquement au courage, c'est grotesque. Je m'autorise trois instants de fatigue et une envie de réconfort. Un appel non-décroché à Corny plus tard, je vais dormir, puisque c'est la nuit. Ne pas arrêter le cours des choses pour si peu de dignité. Tu es, puisque tu le veux, cette croûte sur la cicatrice de mon bras : à peine arrachée, les tâches de rousseur reprennent leurs droits. Le médecin était formel : il n'en manque pas une à l'appel.

Lundi 27 janvier 2014 à 20:48

http://clignotants.cowblog.fr/images/2013/califourchon.jpg

Dimanche 26 janvier 2014 à 20:14

- Un beau, et joyeux, silence.
Que disais-tu, l'enfant ?
Tu le disais à d'autres
mais j'aime à citer
tes mots de gamines,
que disais-tu ?
" un certain talent 
pour le silence "
Allez, montre-moi,
je ne bouge pas,
je te regarde,
montre-moi donc
ton talent pour le silence,
laisse-moi voir de quoi
tu fabriqueras
ton beau et joyeux silence,
va ! fais ! que je ris,
que je ris un peu.

- Oh ta gueule,
vielle pie, 
tu ne mérites
que ma farouche volonté
à t'éviter.
Je te découvre naïve...
Approche-toi,
et respire le souffle froid
que je te destine,
respire le fort :
de moi tu n'auras plus que ça.

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