Dimanche 20 janvier 2013 à 1:08

Tout à coup, éclaircie. Je me protégeais. Je m'étais plongée dans un coma, et je flottais, sans bouger, à l'aube de mon silence. Je comprends. Je suis une futée. Je repoussais, maline, le drame. Enveloppée de brume de brouillards et de sommeils, je masquais la réalité. Agacée par ma léthargie, je ne pouvais pas remarquer le reste. Stratégie inconsciente de survie. Joliment essayé, malheureusement éphémère.
Le boomerang que l'on lance revient toujours vous chercher. Reste à savoir si vous imaginiez qu'il vous trouverait. En l’occurrence, je feignais avoir oublié l'existence de cet objet. Il est venu me faucher tout à l'heure, trop content que je sois sortie quelques instants prendre l'air. Prendre l'air, quelle naïve ! Il aurait fallu que je reste sur mes positions défensives. Mais n'ayant conscience des vrais enjeux, j'ai cru devoir remonter à la surface du monde.
Le monde, parlons-en. L'erreur du monde, l'horreur. Rien ne fut plus accablant que de monter dans le bus pour rentrer chez moi. Rien de plus triste, de plus funéraire, que de marcher dans cette ville qui ne me touche plus. Quelles chimères me suis-je inventées ! Quelle vie pour moi ici ? Aucune. Rien ne me retient, rien ne me tient, rien ne m'attire, rien ne me donne des raisons.
Maintenant, avec tous les signes post crises de pleurs, le maquillage jusque dans la bouche, la peau salée qui craque, les paillettes étalées grotesquement, maintenant tout est bien réel, physique.
Ne pas manger, ne pas faire de lessive, ne pas ouvrir son courrier, laisser tout et le reste de tout joncher le sol, vivre sans désirs, constater l'odeur rance de la solitude, faire corps avec les draps du lit, faire draps avec le corps du lit, tout ça, oui, oui, oui.
Je ne suis pas dépressive. Ni folle. Je ne suis pas au bon endroit, c'est tout.

Il va falloir reprendre une apparence de quotidien en ayant conscience de ça, bon courage.
Mais ça ne sera pas si dur, je le sais : l'amnésie guérit de tout.
 
Berlin, tu me donnes la nausée, mais rien, 
rien, ne t'inquiète surtout pas
demain j'aurais oublié.
Par imparfaiite le Dimanche 20 janvier 2013 à 1:49
Pourquoi un tel dégoût?
Par Cécile M le Dimanche 20 janvier 2013 à 10:16
Je disais donc (au risque d'être de nouveau censurée ? -__^ ), que ta photo N&B de "noyée" (detail) de Facebook, me faisait penser à une photo de Lee MILLER (soldat SS noyé - 2de guerre mondiale). Connais-tu l'artiste et t'en es-tu inspirée ?

Bonne journée ! ^^

Pour le PS, je n'ose reformuler ma question, de peur que tu n'y répondes... Pourtant, je ne la voyais pas comme étant "indiscrète". Et puis, tu as mon blog et mon mail le cas échéant.
Par clignotants le Dimanche 20 janvier 2013 à 11:20
1. Pourquoi pas ?
2. Je ne connais pas Lee Miller...
et je ne suis pas rentrée en france.
Par imparfaiite le Dimanche 20 janvier 2013 à 18:15
Je me tais ^^
Par Hélène le Lundi 21 janvier 2013 à 14:27
"faire corps avec les draps du lit, faire draps avec le corps du lit (...)Je ne suis pas dépressive. Ni folle. Je ne suis pas au bon endroit, c'est tout."

Tu as des mots terriblement justes. Il paraît qu'il faut toute une vie pour trouver sa (juste) place, il paraît.

Bon courage..
 

Vous avez la parlote ?









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