Jeudi 24 septembre 2009 à 20:42

Et paf, ça claque comme un ballon qui se dégonfle !
et je voudrais que tu me serres fort très fort

Je ne t'écris plus parce que je crois qu'à un moment, j'ai arrêté de croire que tu existais. Je me demande quand mon exil de vie va prendre fin, à quelle date du calendrier je vais m'asseoir sur ton paillasson et t'attendre sagement, arrêter de courir dans tous les sens et de me réfugier aux endroits où je suis sûre de ne pas te croiser. J'ai l'impression d'être prête à te regarder dans les yeux, et puis quoi, quand je réfléchis un peu, je me dis, est-ce vraiment possible ? Je brode toujours tout avec des nœuds, pourrais-tu seulement m'apprendre à arrêter de trembler ? Tu sais, j'ai le sentiment parfois que le temps m'éloigne de toi, que les gens grandissent et que je reste en retrait, dans ce monde de fleurs et de couleurs dont je ne veux plus fermer la porte. Jour après jour les mois vieillissent mon âge, je vois arriver le mois de février avec méfiance, c'est idiot mais ce chiffre 20 sonne comme un gong, je me sens dinosaure dans l'œuf, à la fois centenaire et nouveau-né... Je grignote des sucettes toute la journée, et tu sais, je, souvent je me dis qu'un jour, je vais cesser d'être intéressante, je vais devenir transparente, invisible. A force de vouloir vivre seule et loin de tous.

J'ai peur d'être redevenue complètement sauvage et farouche, est-ce que le hasard te posera dans mes environs de petite flamme qui fait des glaçons ? Je joue tellement à marcher vite, combien de visages ai-je laissés passer ? Je prie secrètement le ciel pour que je ne te voies pas t'approcher, que je n'aie pas le temps de partir de l'autre côté. M'apprendras-tu à ne. A cesser de. A.

Et je voudrais que tu me serres fort très fort, tu penses qu'on pourrait discuter doucement tout doucement sans faire de vagues ? Je fais des vagues, tout le temps, j'ai oublié comment c'est la vie autrement. Montre-moi, s'il te plaît.
Par pascommelesautres le Vendredi 25 septembre 2009 à 0:50
(Margot je. Je suis là, je tombe de fatigue de mes semaines de grande qui m'épuisent, et ce que tu dis je. C'est moi qui ai l'impression d'être devenue transparente-inintéressante-grande, je. J'ai peur de perdre ma magie à tes yeux mais je te promets que j'essaye de me bagarrer TOUS LES JOURS contre ce quotidien de fille de 20 ans qui travaille et je me sens vieille, si vieille, si terriblement banale à côté de tes couleurs. Si tu savais comme tu me manques et comme j'ai peur peur peur qu'on se laisse filer, si tu savais comme j'en perdrais le coeur de grandir et que tu aies l'impression que je te laisse en arrière. Ce que je vourais te dire c'est "N'aie pas peur de grandir, ça ne t'arrivera pas, tu es la Seule et l'Unique Peter Pan au monde, la Seule de ma vie, et ce n'est pas à toi de grandir pour me rejoindre, c'est à moi de ne pas grandir pour rester avec toi pour toujours, main dans la main les cheveux plein de confettis des cookies plein le ventre et des rires à déborder des yeux."
Attrappe moi, kidnappe moi en enfance, TOUJOURS. Ma Merveilleuse Amour, je t'aime toujours comme une envolée d'oiseaux, je t'aime avec les tremblements partout et c'est du POUR TOUJOURS tu entends ?)
Par bulle2coton le Vendredi 25 septembre 2009 à 19:12
je t'imagine en orange, très orange, avec la trouille d'avoir la honte et ton cv à la main. Margot. C'est toi ou moi qui est folle?
Par monochrome.dream le Vendredi 25 septembre 2009 à 22:03
Les enfants ont un avantage par rapport aux Magiciens-de-la-vie : leur regard sur les choses est forcément neuf. Ils ne peuvent pas voir un monde délavé. Tout leur saute à la figure, les prend au corps, les interpelle, les émerveille, les bouscule, leur tangue l'habitude. C'est intense, l'enfance. Et puis un jour, crac. Grosse fissure. L'assaut de la banalité. Le drame, et tout perd sa saveur d'antan pour la majorité des gens.
Sauf qu'il y a des Rares, des comme toi, qui refusent ce "crac", qui savent combien il signe l'épuisement de la vie-qui-compte. Alors ils se mettent à réinventer les couleurs comme ils peuvent. Et ça donne des photos comme les tiennes, qui font ouvrir des yeux géants sur des visages ravis. Et ça donne des textes comme j'en lis ici, qui tourbillonnent et qui chamboulent, parce qu'ils disent sans détour des choses simples et universelles et qu'en les lisant, on redécouvre un pan de soi relégué au placard. Et ça donne aussi des gestes magiques, généreux, qui propagent autour d'eux le sourire et la légèreté : écrire à son libraire, lancer des fleurs et des biscuits aux musiciens...
Tu sais, Margot, la magie, quand on a su la garder au-delà de l'enfance, ça ne se perd plus. (ou ce serait une bien mauvaise blague...)
Par ****. le Dimanche 11 octobre 2009 à 16:02
et c' est quand que tu écris de nouveau? j ai besoin de magie, moi.
Par Castille le Mercredi 14 octobre 2009 à 20:01
On n'est pas à une bêtise près, faisons-la et voyons après ?
Par bulle2coton le Mardi 3 novembre 2009 à 13:01
Margot, j'ai recherché cet article juste pour cette phrase :"je me sens dinosaure dans l'œuf, à la fois centenaire et nouveau-né"

Elle me fait mourir.
 

Vous avez la parlote ?









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