Jeudi 16 juillet 2009 à 0:19

C'est rare, mais parfois j'aime à me souvenir de cet instant posé dans ma mémoire comme une bulle d'absurde.

C'était la première fois que je le revoyais depuis le jour où il m'avait suivie pour me dire Ich will dich wiedersehen. Il avait des yeux immensément bleus et un sourire à se le faire manger, je ne savais plus où me cacher. On marchait le long du lac et il s'aventurait dans mon ombre, j'avais ses mains ses bras son regard contre moi mais je ne le laissais jamais faire plus de dix secondes, je trouvais toujours mille prétextes pour. Me défaire, le laisser, mettre trois mètres entre nous. C'était le ballet de la fuite, et j'en étais la virtuose interprête. Trente fois il eu la tentation de m'embrasser, trente fois j'ai chantonné en regardant ailleurs. Plus tard, il est parti à pied dans la direction opposée à celle que prenait mon vélo.

Et j'avais envie de crier de pleurer de m'arracher la peau. Ses yeux bleus avaient viré au ciel de nuages, j'avais changé ses airs rieurs en amertume, il résonnait d'incompréhension. Et j'aurais voulu me tuer d'avoir été aussi bête, de n'avoir fait que de sautiller ailleurs que sur ses lèvres, de. Je suis restée là des minutes entières la tête dans les mains à me maudire.

Parfois j'aime à me souvenir de cet instant posé dans ma mémoire comme une bulle d'absurde.

Il était parti dans la direction opposée et pourtant il marchait sur ce trottoir, le même que le mien, il m'a entendue arriver, il s'est retourné, a cru que je le dépasserai en lui faisant un signe de la main. Mais j'ai ralenti, je l'ai regardé, je me suis arrêtée, j'ai mis la béquille du vélo au milieu de la route.

Parfois j'aime à me souvenir de cet instant posé dans ma mémoire comme une bulle d'absurde.

J'étais pleine de cris et de colère contre moi, pleine du désir de nager dans ses yeux bleus, de vents contraires qui me rendaient tempête. Je me suis jetée contre lui, l'ai serré dans mes bras à m'en étouffer. Il était tellement surpris. Tellement !
Mais il l'a été encore plus quand je me suis détachée de lui, et qu'il n'y avait sur mon visage ni l'ombre d'un sourire ni d'une douceur ni. Je le regardais comme une petite fille terrorisée, j'étais tremblante et je prenais déjà la fuite,

tout son corps à lui me demandait s'il avait fait quelque chose de mal

et il était là complètement perdu à me regarder partir

j'ai défait la béquille du vélo et l'ai planté là, sans un mot,

parfois j'aime à me souvenir de cet instant posé dans ma mémoire comme une bulle d'absurde, je me dis que personne ne m'a jamais rencontrée aussi fort que lui au moment où je l'ai regardé avec toute la peur du monde noyée dans les yeux, que personne ne m'a jamais aussi bien connue que lui, pendant ces quelques secondes de panique et de contradictions.

Par Des hauts des bas le Lundi 20 juillet 2009 à 15:46
Tes mots ont goût d'envol !
Par bulle2coton le Lundi 14 septembre 2009 à 15:07
Rentre pour un souvenir à ajouter dans ta mémoire
 

Vous avez la parlote ?









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